Art brut au 21e siècle

Consacré, contesté, convoité : l’art brut a 50 ans, et les questions n’ont jamais été aussi vives. Qui a le droit de définir le « brut » ? Comment les musées l’accueillent-ils sans le trahir ? Qu’en est-il du marché ? Artension part sur tous les fronts : une collection mythique à Lausanne, Dubuffet redécouvert, une géographie mondiale, des créateurs inclassables et des ateliers participatifs qui changent tout.
(pages 40 à 59)

Jean-Luc Verna

Un dessin, ça hurle. Jean-Luc Verna le vit depuis l’enfance : survivant de la violence, de la drogue, séropositif depuis 36 ans, il a fait de son corps tatoué jusqu’au visage un champ de bataille et une œuvre. Punk, danseur, chorégraphe, il revendique un art qui résiste à tout. Jean-Jacques Gay l’a rencontré, Thierry Borredon l’a photographié. Ça ne ressemble à rien d’autre
(pages 34 à 39)

Dans le sillage du roman graphique

Hergé et Franquin font toujours flamber les enchères. Pendant ce temps, une génération d’auteurs de roman graphique a réinventé le dessin (aquarelle, pastel, collage, jusqu’à la 3D). Leurs œuvres entrent en galerie. Mais le marché de l’art les ignore encore. Un paradoxe difficile à expliquer. Benoit Gaboriaud et Pauline Lisowski remontent le fil, de Will Eisner à l’expo « Dessins sans limite » au Grand Palais. 
(pages 62 à 67)

Coup de foudre pour les licornes

La licorne n’est pas qu’un fantasme naïf. Barbara Tissier retrace comment ce mythe millénaire, des tapisseries médiévales aux créations les plus récentes, s’est chargé de sens nouveaux : émancipation féminine, culture queer, résistance écologique. Angela Hampel, Rebecca Horn, Florentine et Alexandre Lamarche-Ovize s’en emparent avec une vigueur qui surprend. Et le musée de Cluny lui consacre une grande exposition dès ce printemps.
(pages 4 à 9)

Le CAHIER PRO

Dans son Cahier pro, Artension dresse le portrait d’un secteur qui innove malgré des budgets sous tension : des musées qui s’entraident à l’échelle des territoires, 52 institutions de Nouvelle-Aquitaine réunies sur une base de données numérique commune, et une résidence d’artistes face à la Méditerranée qui reprend ses sessions à l’automne.
+ 7 bons plans pour artistes !
(pages 89 à 95)

Histoire de…

L’Espace Paul-Rebeyrolle, musée dédié au peintre expressif Paul Rebeyrolle (1926-2005) à Eymoutiers, risque de fermer en 2027 faute de financement suffisant. À Strasbourg, Marc et Marie-Luce Arbogast ont constitué depuis 1975 la plus importante collection vodou de la planète : 1 500 objets dans un château d’eau. À Miami, la scénographe Es Devlin a présenté à Art Basel une bibliothèque-sculpture de 2 500 livres.
(pages 12 à 15)

Artension aime…

Louis-Paul Caron peint le dérèglement climatique avec l’IA. Florian Jauze, 29 ans, dessine des créatures imaginaires au trait millimétré et réalise des courts-métrages fantastiques. Seyni Awa Camara, céramiste sénégalaise autodidacte, a créé des figures en terre cuite d’une puissance rare. Wabé construit des créatures colorées en papier mâché, du bijou au monument. Élisabeth Straubhaar explore au graphite un territoire entre corps et cosmos.
(Pages 18 à 32)

164 expos…

Parmi les 164 (!) expositions de ce numéro, les mythes d’Ovide de la Renaissance à l’art vidéo au Rijksmuseum d’Amsterdam, une sculptrice new-yorkaise oubliée que Pompidou-Metz ressuscite (Louise Nevelson), des pierres naturelles aux figures dessinées sans aucune main humaine, et deux Raphaëlles aux antipodes l’une de l’autre à Paris. Côté mémoire, Sally Gabori, artiste aborigène australienne qui n’a commencé à peindre qu’à 80 ans. Ce numéro déborde.
(Pages 68 à 80)