Tu veux ma photo ?

La première photo du monde a 200 ans. Même Artension, qui jure surtout par la peinture, le dessin, la sculpture, s’y met ! Ce dossier raconte comment l’intelligence artificielle bouscule la photo, réputée dire la vérité. Il donne la parole aux artistes qui la réinventent, explique pourquoi les vieilles photos de famille deviennent des trésors et fait le point sur le métier de photographe. Bon anniversaire !
(pages 50 à 71)

Lionel Sabatté

Lionel Sabatté fait des sculptures avec la poussière qu’il ramasse dans le métro : cheveux, ongles, peaux mortes d’un million de passants par jour. Il peint aussi des ours, des cerfs, des sangliers, des carcasses. Son sujet, c’est ce qui disparaît mais se transmet. Françoise Monnin l’a interrogé, Thierry Borredon l’a photographié.
(pages 44 à 49)

Être jeune et conservateur

Ils ont 25 ou 30 ans et dirigent déjà un musée. Emma Noyant est allée les voir, de Céret à Colmar. Ils réparent l’ascenseur, prennent la parole face caméra sur les réseaux sociaux, laissent les visiteurs parler à voix haute. Ils refusent un prêt d’œuvre pour son bilan carbone et se méfient de l’IA. Une génération qui bouscule les musées, et c’est réjouissant !
(pages 74 à 76)

Coup de foudre pour Kerry James Marshall

Kerry James Marshall peint de grands tableaux d’histoire, comme Géricault qu’il admire, mais avec des héros noirs. Il montre les Afro-Américains longtemps absents des images : un esclave fugitif, des abolitionnistes, et aujourd’hui les clients d’un salon de coiffure. Ses couleurs éclatantes vont jusqu’aux paillettes. Benoit Gaboriaud y voit une œuvre politique et ironique, où la violence est discrète mais partout présente.
(pages 4 à 10)

Le CAHIER PRO

Dans le Cahier pro de ce numéro, Marie Girault enquête sur le « droit de parole », que des musées font payer pour commenter les œuvres à un groupe. Maïlys Celeux-Lanval présente un collectif qui aide les artistes de Gaza, Benoit Gaboriaud une résidence parisienne vouée au patrimoine africain, et Barbara Tissier un ténor qui guide des visites chantées, parfois en drag queen.
(pages 103, 106 à 110)

Histoire de…

À Scy-Chazelles, Marie Rigaux a ouvert une galerie dans sa maison, loin de « la dominance du prix et de l’argent ». Le violoniste Jean-François Vrod expose les créateurs inconnus dénichés dans la France rurale. À Lucinges, on visite le bureau-atelier de l’écrivain Michel Butor et ses livres d’artistes. La Normandie fête les mille ans de la naissance de Guillaume le Conquérant, et l’Europe s’invite.
(pages 14, 16, 18, 20)

Artension aime…

À Marseille, Adrien Vescovi suspend 600 vieux draps teints que le vent fait bouger. Louisa Babari recompose de vieilles photos pour réparer l’histoire. Monique Frydman peint au sol avec du pastel en blocs. Jean-François Fouilhoux cherche depuis 1969 le vert des céramiques chinoises anciennes. Anna Picco dessine des enfants qui jouent à la guerre. Joseph Lazaro fait naître ses figures d’une tache de peinture.
(pages 26 à 42)

199 expos…

Parmi les 199 expositions (!) de ce numéro, ne manquez pas Kurt Schwitters au musée Picasso : ses collages sont plus enthousiasmants que jamais ! À Toulouse, Miró fait de la protestation le moteur de son art. À Avignon, Lee Ufan recouvre d’ardoise le sol du palais des Papes. Lucienne Peiry raconte Vahan Poladian, réfugié arménien qui défilait chaque jour dans Saint-Raphaël, vêtu des costumes qu’il cousait.
(pages 78 à 94)